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Tribus
English
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dossier Nouvelle Calédonie
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petit
dossier
Polynésie, (sujet partiellement abordé dans "Polynésie"
et "Océanie", vécu personnel trop partiel.
Voir autres sites en complément.
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NOUVELLE CALEDONIE
hibiscustour
Le chef de tribu.
Il est
souverain sur son territoire qui,
contrairement à nos conceptions occidentales, n'est
pas d'une petite municipalité, mais d'une possession
territoriale. L'allégeance au Chef doit être marquée par le respect, le
cadeau (la coutume), l'entretien si l'on veut y circuler, ou satisfaire
notre curiosité.
Entrée de tribu ;
la case du chef est plus loin, à droite (non visible sur le cliché). C'est
une photo hibis, et je ne garantis pas que le panneau existe encore ;
l'esprit, sûrement, n'a pas changé dans le fond si il a changé dans la
forme.
Voici ce qui est écrit
en kanak et français :

"prière à toutes personnes de descendre ici".
Précision : de
bicyclette, de voiture car il ne faut pas être plus grand que ke chef quand
on passe devant sa case.
On a vu des cas où seul le
chauffeur d'une voiture restait au volant.
photo
hibis,
hibiscustour
La taille du chef. Absolument comme
dans nos propres sociétés, bien que cela ne soit pas dit explicitement
(*), il vaut mieux ne pas être plus grand que le chef, ou ne pas vouloir
le paraître par une attitude de domination. La "politesse courbée" peut être
recommandée dans certains cas. Cela dépend aussi de l'importance sociale du
chef (petite ou grande tribu).
(*) la taille du chef dans nos
sociétés. Tous les dirigeants sont généralement grands. Les gens dans la
foule disent "qu'il est grand", "je ne le croyais pas si grand que ça" ça
impressionne. Ce n'est ni l'intelligence, ni le hasard qui en décident, mais
bien la taille et la corpulence. On se moque ouvertement des petits partout,
et davantage encore à la télé ou la radio. Les fauteuils et chaises
surélevées ou les coussins ne sont pas si rare que l'on croit (conseils
d'administration..). Les estrades, podiums, hauts comptoirs, relèvent du
même concept.
ci-contre,
parements
symboliques d'une entrée de case du chef. La flèche faîtière
témoigne aussi de son importance; des plantes et arbustes significatifs
complètent son environnement.
"En
Mélanésie, où les
sociétés ne sont pas
hiérarchisées et sont divisées en une
de multitudes de petites communautés, les chefs ne
sont pas héréditaires comme en
Polynésie, et sont choisis en fonction de leur
aptitude à faire vivre leur communauté et
doivent constamment défendre leur
position.
Leurs
divisions ont conduit à une multiplicité de
langages, qui se comptent parfois par centaines sur un
territoire minuscule ! contrairement aux Polynésiens
(et aussi peut-être les Micronésiens),
voyageurs dand l'âme, les jeunes
Mélanésiens ne cherchent pas à
émigrer pour connaître nos riches et enviables
sociétés (Australie, Côte ouest
américaine, France)". Geo janvier 2003.
Les notions
de terre et de tribu y sont toujours fortement
enracinées et respectées sur le
territoire.
Ces tribus ont été réglementées
par les Européens, à leur arrivée sur
le territoire. La France a définit leurs limites
territoriales, organisé leur pouvoir en nommant des
chefs de différents grades. Extrait d'un livre :
" Le chef Teïn apparut,
vêtu à l'européenne, d'un veston blanc
aux manches galonnées. Le gouvernement en effet avait
décidé que les chefs indigènes auraient
des galons selon leur caste Teïn, grand chef, en avait
cinq".

Le "tapas" est constitué d'écorces et végétaux frappés
jusqu'à l'obtention d'une cohésion et d'un amincissement suffisants. il sert
de panneaux de remplissage des parois des cases. On confectionnait aussi des
vêtements ou parures vestimentaires avec. A l'origine, il s'agissait
vraisemblablement de vêtements raides et peu élégants. |

Entrée de tribu, dans le nord
Marque d'entrée e territoire d'une tribu (au Nord, photo
hibis,).
hibiscustour
Une bien agréable tribu mais toutes ne sont pas sur
ce modèle et on en voit bâties de parpaings et
de tôle dans un milieu naturel plus austère qui
ressemblent à des bidons ville. Une grande case ou
une place permet de réunir les habitants. Dans la
tribu on cultive traditionnellement ignames, manioc, tarots,
bananiers, café parfois qui était autrefois un
source de revenus (en perte pour différentes raisons)

Le progrès à tout prix : la case
traditionnelle s'efface devant le parpaing et la tôle,
plus rapides à monter, plus durables et vitrines du
progrès des blancs. Il est vrai qu'une case traditionnelle
représente un travail très important :
Chercher et couper le bois, puis l'assembler, tresser les
palmes pour le toit et les garnitures intérieures,
tout cela pour une durée de vie inférieure
à deux décennies.
hibiscustour
"Tradition kanak : dans les îles, pour perpétuer la tradition mais aussi
pour maintenir le savoir faire qui se perd, les petits chefs imposent
parfois de construire une case à côté de la maison "en dur et tôle".
Précisions de Patrick sur ce sujet: "Une amie de passage m'avait livré cette
même réflexion. Je lui avais répondu, crois-tu qu'ils dormaient dans le
fossé, avant de faire construire leur maison en dur ? Par contre, il est
vrai que la case conservée est le plus souvent reconstruite,lorsqu'elle
est trop délabrée. Tant il est vrai qu'elle continue à être utile, au même
titre que nos abris de jardin, nos pavillons, nos tonnelles, etc...
"La coutume"
ou cadeau coutumier.
Indispensable démonstration de politesse et de
respect, il contient
quelques billets ou un paquet de cigarette,
une bière, le tout enveloppé dans un morceau de tissu
: n'allons pas jusqu'aux poils de roussette, mais
ne confectionnez pas un paquet cadeau
ficelé !
Le plus simple est l'argent,
soit environ 1000 CFP. billet de la photo de l'Office du tourisme, soit près
de 8 euros (100
CFP = 0.838 Euro).
Cela peut dépendre du
motif de la visite ou de l'importance du chef.
Pour quelque chose de
très important, comme une construction, un projet d'équipement,
même si cela nous semble évident (réserve d'eau, panneau solaire,
téléphone..), le palabre est indispensable. Il mettra en jeu d'autres
membres de la tribu, lesquels écoutent le chef puis donnent leur avis (ce
qui peut s'éterniser). Accueil coutumier.
Si je n'ai jamais remis de cadeau coutumier, j'ai été l'invité de chefs dont
l'un nous a servi coutumièrement, sur une table rustique dressée à
l'extérieur, respectivement un café et une bière (pour moi). Le café était
si fort que mon collègue a cru se trouver mal, quant à ma bière, que
j'attendais avec délice étant donné la chaleur, elle était chaude et pas
facile a avaler. Il n'était bien sûr pas question
de faire quelque remarque que ce soit. J'ai eu également
l'occasion d'assister, dans une autre circonstance, à un palabre important,
qui n'avait pour cette première séance pourtant assez longue, débouché sur
rien. Rien, ça veut dire que l'on ne sait pas du tout ce qu'il va en
devenir. Il faut attendre une autre séance et peut-être d'autres encore, qui
seront un jour fixées par le chef. Ou jamais.
Ce que l'on appelle donc "la coutume", peut
aussi dissimuler des intérêts et un mécontentement d'un chef insuffisamment
payé. Comme chez nous, la susceptibilité existe. Ainsi, une fois, un bateau
rapide ne pouvait plus aborder à Ouvéa !
Palabre.
Je me souviens d'un Chef qui
parlait à ses "sujets" en leur tournant le dos
lors des palabres ou ce qu'on appelle maintenant dans un Service "une grande
messe", c'est à dire l'écoute des orientations, objectifs et critiques.
Pourquoi ? la vue de quelqu'un capte l'attention et l'on est moins
réceptif à ce qu'il dit.
Qu'en pensez vous ? avez vous remarqué que le son des poste de télé
sont souvent plus fort que la radio ? et que la perte d'un de nos sens
accroît la sensibilité des autres ?
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Flèche faîtière de case de kanala |
Hache de pierre kanak souvenir,
avec
ses poils de roussette et pendentifs de coquillages.
Celle-ci est une reproduction pour touristes de ma collection,
offerte par une amie calédonienne de souche, Patricia.
Elle est assez ressemblante
à la vraie, quoique très petite.
Casse-tête mais surtout ornement symbolique
d'apparat, elle marque le rang du chef ou autre personnage
important. Elle est également dite "bâton de pluie" car lors
de cérémonies, le chef frappait symboliquement
le soleil pour faire pleuvoir.
La vraie
hache de pierre
d'ornement. Pour les haches "utilitaires", un
emmanchage solide se faisait sur l'arbre !
on fendait une belle branche pour y placer la pierre
liée serré. En
poussant, le bois s'adaptait
alors sans jeu sur la pierre. Avec bien
sûr, un peu de temps devant soi.
hibiscustour |
Grandes fêtes,
confection de chapeaux tressés, jeux de cricket pour les popinées,
danses "pilou pilou" et "bougna" final (plats au four de pierres.
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Case traditionnelle en construction. L'identité réaffirmée
s'exprime également par un retour à l'habitat traditionnel - un peu
folklorique - qui trouve sa place à côté de cabanes ou de maisons en
parpaings conventionnelles et plus confortables. Le tourisme ainsi que la
nécessité d'entretenir un savoir faire contribuent à la démarche. |

Une grande case permet
d'accueillir toute manifestation. Ici, dans le sud, réunion de la population
locale pour un sujet très épineux - à juste titre - celui de
l'implantation de l'usine de nickel qui doit déverser des effluents dans le
lagon. Cette usine traite le nickel à faible teneur par un procédé chimique
à l'acide. L'Etat français; signataire des accords sur l'interdiction des
rejets en mer; répond que ce n'est pas en mer, mais dans le lagon; le lagon
sud est classé !! |
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La culture
Kanak repose sur cinq éléments
(Source : exposition à Paris).:
la grande case, la
personne, les esprits, la parole, l'igname. La grande case :
au centre du
hameau, à l'extrémité supérieure
d'une longue allée et sur un tertre circulaire qui la
surélève du sol, les hommes ont construit la
grande case, symbole de la puissance des hommes qui sont
là et signe des alliances avec les pays voisins ;
elle porte des sculptures à son sommet (avec des
coquillages). L'entrée est ornée de panneaux
sculptés, les chambranles. Un très haut poteau
central en bois de houp soutient le toit ; c'est aussi
l'image des chefs sortis de la forêt, lieu de leurs origines. Sur l'allée où se déroulent
les évènements importants de la vie sociale,
on plante aussi des sculptures.
Le tertre
est le signe
matériel des origines des hommes, inscrites dans le
sol.
La
parole est
celle du chef ; c'est le respect des engagements qui sont
pris, parfois scellés par l'échange de menus
cadeaux et de "la monnaie Kanak" (voir ci-dessous).
L'igname ;
sa culture
conditionne la première ressource alimentaire ; elle
donne lieu à un travail important, dont le
résultat est célébré par de
grandes fêtes au cours desquelles tous les apparats et
masques se remarquent.
Les
danses
et le bougna
(repas) en sont les moments forts, mais il y a
aussi les chants, le jeu (cricket), la confection des
chapeaux...
Monnaie kanak
:
la
monnaie kanak scelle un accord : sur les îles, c'est
un rouleau de tissu végétal contenant des
plantes, sur la grande terre, ce sont des coquillages (et
perles) enfilés sur des fils de poils de
roussette. |
Photo
hibis,
que sont-ils devenus ? ici comme partout la jeunesse est joyeuse, curieuse,
ouverte.. et pleine d'espoirs. Il n'est pas sûr que la vie hors de la tribu
leur ait été plus favorable. La démographie est un moyen
redoutable pour gagner. Le visiteur d'aujourd'hui verra sans doute ces
mêmes bandes enfants curieux, souriants et joyeux.
Le gouvernement français avait donc encouragé l'installation des colons et
la venue des métros pour compenser
Extraits du roman de
Paul Bloc, avec son "colon Broussard".
"Le marché
d'échange entre tribus du bord de mer et tribus de l'intérieur de la
montagne : "ceux-ci apportaient des ignames, des
tarots, des roussettes, des pigeons, des fruits, des champignons, séchés,
des racines de magnagna (aphrodisiaque), des nattes, des étoffes (de
banian), des longue franges d'écorce de bourao dont les femmes s'enroulaient
plusieurs mètres autour des reins.
Ceux du bord de mer donnaient en échange du
poisson fumé, des coquillages, des langoustes, des tortues de mer, des
vaches marines séchées ou fumées. Mais ce qui faisait la richesse des hommes
de la montagne, était leurs arbres de kaori, indispensables aux marins pour
construire leurs pirogues. C'était un objet de grande convoitise, souvent de
guerre. On ne donnait jamais assez, et quelques fois même, ceux de la
montagne exigeaient une ou plusieurs jeunes filles".
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Une cérémonie traditionnelle :
la
reconnaissance de l'enfant (reportage TF1, janvier 2007); les familles doivent
se réunir autour d'un repas, échanger des cadeaux coutumiers et prononcer
quelques paroles symboliques afin que l'enfant soit reconnu être celui du père.
C'est indispensable.
Le repas : ignames au lait de coco, manioc cuit dans une feuille, cerf, crabes..
et frites (qui paraissaient très françaises) parce que les gamins
aiment ça !
Il n'y a pas de gros poissons dans
les rivières, mais on y pêche des crevettes d'eau douce, en particulier
dans la Ouaïème pour le cas cité. Ils mangent aussi des graines d'une cosse d'un
arbre, rappelant nos petits pois, et dont le nom phonétique serait "la
breuvade" ou quelque chose comme ça.
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Interprétaion des légendes kanak (timbre poste)
Extraits du roman "les filles de la
Néama" de Paul Bloc :"les
âmes sortent et se vengent des vivants. Nenegut est l'âme du
monde ; c'est un dieu, mais qui s'occupe peu des canaques ; c'est
plutôt au diable qu'ils ont à faire. Il y a des diables, des génies
partout. Les forêts, les fleuves, la mer ont les leurs ; ils ont leurs
retraites et malheur à qui y
pénètre : il meurt immédiatement. Les sorciers voient les diables et on
ne doit rien faire sans les consulter. Le sorcier va voir les morts et
cause avec eux. Ceux-ci ne sont pas enfouis dans les arbres mais sont
suspendus dans les arbres ou dans les creux de rochers. Ils doivent
voir se qui se passe sur la terre ; on met auprès d'eux des vivres et
des armes". |
Pour en savoir plus
:
Bande dessinée tous sujets - "La brousse ne
folie", au succès non démenti, dont "le Petit Marcel illustré", de
Bernard Berge.
- "Les filles de la Neama et le colon Broussard" de Paul Bloc, une
vue d'époque sur la vie des tribus de la mer et de la montagne, ainsi que des
colons; cannibalisme.
-
"L´appel du Pacifique" débuts
Anglo-français du Caillou, Lifou, la traite des indigènes des îles éloignées, par
Denise-Aurore Pentecost ("Tu ne mangeras pas ton
voisin ni les missionnaires").
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Une tribu dans la ville
Il y a des "squats"
à Nouméa qui se sont organisés depuis
quelques années. Ils sont une dizaine maintenant, que
l'on nomme "zones d'habitat spontané" pour finalement
en fait, les reconnaître plus ou moins officiellement.
Ils sont installés sur des terrains municipaux, sauf
l'un d'eux qui est en terrain privé : on y
accède par le fond du lotissement Veyret, le long de
la route de l'Anse Vata, au coeur de la ville. Ces squats
sont en fait constitués en tribus, avec un petit chef
qui règne en maître et fait payer dit-on les
redevances dues à la communauté. On y boit
aussi du "kava" le soir mais que du kava et sans doute y
pratique-t-on d'autres échanges, comme le
cannabis.
Ces "tribus dans la ville"
seraient le résultat de situations diversement interprétées :
1 / installation de kanaks ayant fuit leur tribu
(surtout des îles ?) lors
fes violences
des événements des années 80,
2 / migration
naturelle vers la capitale ? 3 /
"prises de possession" encouragées
par les indépendantistes qui font ainsi occuper du
terrain. Sans doute tout ça, plus le chômage et la
difficulté d'adaptation.
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Par tribu, il faut comprendre qu'il y a des
chefs coutumiers et que l'on y cultive
la terre selon la tradition
; ceci est valable pour les squats mais aussi dans les ensembles
sociaux, où l'on peut y cultiver au pied des HLM.
Deux groupes kanak
s'opposent sur le sujet, car l'un revendique la
propriété en prétendant que des tribus
existaient là dans le passé (ce qui serait
notoirement faux, mais bien des terres ont été
revendiquées ainsi) et l'autre, plus proche des lois
de la République, pense que l'on y défie la
notion de respect de la propriété.
J'avais entendu parler d'un projet de reprise du squat
privé avec relogement ou déplacement des
squatters. Mais les kanaks rechignent
à déménager dans des HLM et on
peut les comprendre. je ne sais pas ce qu'il en est advenu.
Le problème du
logement social s'accroît
donc pour deux raisons, l'insuffisance
devant la demande et en mêle temps la ghettoïsation des ensembles, à
l'image de ce qui se passe en France, mais pas exactement pour les
mêmes raisons. A propos de cultures, cela ne me choque pas du tout et
l'on voit en France se créer des jardins collectifs, pour la décoration
mais aussi la culture ; des tentatives de jardins d'agrément (ou
parterres) ont vu récemment le jour sur les plates bandes d'un hôpital,
afin de l'humaniser. Je suis personnellement très favorable à la
"naturalisation" de la ville et je dénonce depuis longtemps les
grands projets architecturaux du fric et du mal vivre. Mieux que
bâtir les villes à la campagne, il y a faire entrer la campagne dans la
ville.
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Connaissance du pays.
A l'arrivée des
européens, le pays était divisé en un très
grand nombre de tribus (chefferies) qui
ne se comprenaient pas entre elles et guerroyaient à l'occasion, à l'instar des
polynésiens (eux, se comprenaient de la
Nouvelle Zélande à Hawaï). Les îles se distinguaient par
leur position et des contacts avec les polynésiens avaient ou avaient eu
lieu dans le passé. Leurs dialectes en sont influencés et les restes
d'embarcations ressemblantes, d'assez grande taille, en témoignent.
Conquête anglaise.
Abordée par le nord, vers Balade, la Nouvelle
Calédonie kanak et Européenne demeure fortement marquée par la présence
anglaise.
Au départ, les
anglais voulaient seulement avoir un dépôt de charbon.
Ce sont eux qui ont évangélisé
les kakaks, les ont fait s'habiller, leur ont appris à jouer au cricket !
Les français ont poursuivi la conquête et se sont appropriés l'ensemble des
terres, sauf celles des îles, qui étaient toutefois "administrées" ou à peu
près.
Des familles y sont restées et les
noms à consonance anglaise ne sont pas rares, comme les Ohlen, Nixon, Winchester,
Pentecost (Australie). Dans le nord, les deux communautés ont existé
pacifiquement, chacune avec leur territoire. L'un des
Winchester, rencontré au salon du tourisme à Paris, commerçant au Mont Dore
(bijoux, gravures) , vous en parlerait avec beaucoup de conviction.
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Histoire de
la conquête.
En 1843, le gouvernement (Louis Philippe)
envisage de prendre possession de la Nouvelle
Calédonie. Le drapeau français est
planté à Balade de 1843 à 1846. A cette
époque, le ministre Guizot a de grosses
difficultés avec l'Angleterre (voir ci-contre,
à droite) donne l'ordre de le retirer pour
éviter tout nouvel incident.
En 1853, le
gouvernement impérial français se
préoccupe de trouver une terre pour y établir
une colonie pénitentiaire. Napoléon III
ordonne alors la prise de possession et le 24 septembre
1853, l'amiral Auguste Febvrier-Despointes fait à
nouveau hisser le drapeau français à Balade,
puis le 29, sur l'île des Pins. Sans doute
profite-t-on de l'alliance que recherche l'Angleterre avec
la France en Méditerranée. L'Australie, elle,
n'apprécie pas ce changement.
Quelques jours plus tard, venant de Chine, Tardy de
Montravel confirme la prise de possession sur la côte
fonde Port de
France (Nouméa), baie plus inospitalière mais
plus sûre pour les navires.
De 1864
à 1897, 22.000 condamnés sont reçus
dans les différents bagnes du pays. Certains
bénéficièrent de concessions.
Dès les
premières années, des autochtones se rebellent du côté de Hienghène et le
conflit s'étend car il fallait délimiter les terres canaques et celles
attribuées aux colons. En 1878 éclate une véritable insurrection sous la
conduite du chef Ataï quand les colons amènent leurs troupeaux. Sept mois
après et 200 morts côté français, mille côté kanak, Ataï est abattu par
Segou, chef de Canala. Le calme est rétabli en Janvier 1879. (Guide
Hachette)
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Révoltes
kanak Il y a eu dans le
passé plusieurs révoltes canaques, dont la principale lorsque les
colons envahirent les plaines avec le bétail pour la première fois.
Toutes ont été violemment réprimées : elle avaient le mérite, si je
puis dire, d'être d'un certain point de vue, "naturelles et justes",
chacun défendant son acquis et parfois plus que les terres, la liberté
de passage ; ce droit de passage, chacun le ressent profondément et
aujourd'hui encore bien des conflits, parfois sanglants, en sont la
conséquence. Mais désormais, les révoltes ont en plus une base
politique.suite
dans NCaldoc |
kanaks, calédoniens
("caldoches"), métropolitains ("zoreilles", français nouveaux venus), métis,
comme partout en grand nombre aussi..
Terres
d'aventure, toutes nos ex-colonies ont vu arriver des "visiteurs" de toutes
origines, qui ont participé à la grande multiplicité ethnique de ces pays, la
relative proximité d'autres terres favorisant ceux-là. Les
"calédoniens"
sont à l'origine de la colonisation anglaise et française, dont une large
majorité de français, mais aussi asiatiques,
européens, polynésiens... Il s'ensuit qu'un important métissage s'est produit
- enfants "sang-mêlé" - souvent avec des femmes kanaks pour la bonne raison
qu'en brousse ou dans les îles, c'était l'unique possibilité (on venait
rarement à l'époque avec son épouse). Les colons anglais, dont les pasteurs, ne
s'en sont pas privé non plus, et les yeux bleus des îles y sont bien connus. Une
sympathique asiatique mâtinée kanak, donc calédonienne de souche, ne comprenait pas la
distinction que l'on marquait à son égard car eIle se
sentait pleinement "caldoche" française comme ses compatriotes. Plusieurs générations ne suffisent
généralement pas pour se revendiquer "du pays". Le
mot "kanak" représente la
population d'origine, ou supposée comme telle, de la Nouvelle Calédonie
et ses îles, peuple de la Mélanésie, issu des pays
orientaux (l'Inde, Indonésie ?). Leur long périple, a pu les faire passer par
l'Australie.
Extraits
condensés - avec quelques diversions - du livre de Denyse-Anne Pentecost
"L'appel du Pacifique" : Sur la route de l'Australie, qui connût une
période de ruée vers l'or, la Nouvelle Calédonie intéressait par ses richesses
du moment, trocas, bois de santal, bêches de mer, coprah, bananes, et nickel
découvrt par garnier, qui offrait alors de belles veines vertes. Le santal
surtout créait les fortunes, jusqu'aux banques anglaises, et quand tout fut
épuisé, de la Nouvelle Calédonie - Grande Terre, Loyautés, Pins - jusqu'aux
Nouvelles Hébrides, les santaliers se reconvertirent au trafic de mélanésiens,
car la main d'oeuvre faisait défaut tant en Australie qu'en Nouvelle Calédonie,
où les kanaks étaient, dans leurs réserves, relativement protégés par le
gouvernement français. les ex-santaliers allaient donc chercher la main d'oeuvre
aux Nouvelles Hébrides, Tongas ou Salomons, avec beaucoup de prudence car les
risques étaient grands. "Loués" ou "achetés" aux chefs de tribu - le prix
dépendant du nombre d'année acquises - ils étaient aussi enlevés par la ruse
lorsqu'en leur faisant miroiter des merveilles dans les coffres du fond de cale,
l'écoutille se refermait sur eux. Des femmes subissaient le même sort et quand
cela se savait, il y avait des représailles locales (Nouvelles Hébrides) pour
les prochains navires et sur les planteurs isolés qui n'y étaient pour
rien. Cela malgré un durcissement des positions des gouvernements anglais et
français. Les capitaines prenaient soin de repeindre leur navire pour ne pas
être reconnus plus tard. A l'époque, ils pouvaient être carrément mangés.
Sur l'île de Pentecost, du même nom, pour un bon fusil convoité, un chef avait
proposé cinq hommes et cinq femmes. En Nouvelle Calédonie et en tous cas à Maré
(où était arrivé le premier "Pentecost") où pasteurs anglicans et frères
maristes français "guerroyaient" chacun pour la suprématie de leur pays
d'origine, tous étaient d'accord pour enseigner un des commandements
inédits jusqu'alors : "Tu
ne mangeras pas ton voisin ni les missionnaires".
Prudente invocation pour ceux qui répandaient la parole divine. Le "recrutement"
de main d'oeuvre ne se faisait pas en toute quiétude et la vigilance était de
mise, une provocation pouvant être fatale, sur le champs ou plus tard, les
indigènes ne pardonnant pas les offenses.
C'est ainsi que le premier Pentecost,
débarqué en Australie, finit "découpé en bons morceaux" après de nombreuses
années de navigations entre les proches îles du Pacifique. Il avait recueilli à
son bord une femme de chef qui fuyait pour aller retrouver son amant, puis plus
tard, incendié un village pour le vol d'un fusil. Un Anglais converti français,
marié à la fille du grand Chef de Maré Naisseline, apprécié partout mais qui
avait fini par commettre une erreur. Comme Cook, pour violences suite à un vol,
comme bien d'autres. L'ambiance à Maré n'était pas toujours sereine. Il y avait
des désaccords entre chefferies sur le partage des terres, mais un autre
problème avait surgi avec l'arrivée des frères maristes, catholiques français.
Le pasteur avait fait former le Chef Naisseline.à l'administration anglaise et
oeuvrait pour que l'île retombe sous la coupe de l'Angleterre. L'administration
française fit incarcérer le chef, qui revînt avec de meilleurs sentiments envers
le France, mais dut finalement "évacuer" l'incorrigible pasteur. Ce pasteur
socialisait par ailleurs les habitants, dont les enfants, à une époque où, sur
l'île, "un frère ne pouvait parler à sa soeur, ni la regarder".
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~Aparté historique
sur les îles des Ex Nouvelles Hébrides, ou les Vanuatu
~~~~~~~~~~~~ source "L'appel du Pacifique", de Denyse-Anne Pentecost
~~~~~~~~~~~~~~ Après leur "prise de contrôle", ces îles devinrent un
condominium Anglo-français c'est dire que les îles était administrées par les
deux pays, mais avec prééminence des anglais qui s'étaient installés dans le
meilleur endroit, notamment sur une petite île qui faisait face à la ville de
Port Villa, La France ne dû sa présence qu'à l'opiniâtreté d'un certain
Higginson, négociant, qui avait opté pour la France et s'était fait
naturalisé. Higginson avait fait de bonnes affaires, et avait vendu une usine
sucrière en déclin à l'Etat français contre 300 "bagnards sur mine", car le
nickel devenait une bonne affaire. Il était aussi l'employeur et conseillé du
"Pentecost" cité ci-dessus. Higginson avait observé que les planteurs
anglo-saxons fidjiens et australiens achetaient des terres aux Nouvelles
Hébrides et il s'en était ému, et tenta de convaincre le gouvernement français
d'en faire autant. Les français, qui ne voulaient jamais fâcher les anglais, y
répondirent mollement et c'est finalement Higginson qui fit barrage en achetant
en quatre ans la moitié des Nouvelles hébrides.
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Je tente ici de faire le point sur une
courte période vécue là-bas (1967/1970), avec l'expérience d'anciens
calédoniens ou métros installés, très "colons" ou modérés,
Nouméens ou broussards, kanakes que j'ai côtoyés, chefs de tribus qui
m'ont reçu (professionnellement, pour quelque
modeste
implantation de matériel
téléphonique).
On ne fréquentait pas les kanaks car à l'époque, l'écart était encore
très important, la langue et la culture un obstacle, la dominance Blanche
encore trop forte. Le kanak ne serrait pas la main et ne regardait pas
droit dans les yeux comme nous le faisons. Quelqu'un m'a dit à
l'époque ce que je n'aurais jamais imaginé : "tu es pour eux un
grand chef". Je voyais bien qu'ils étaient gênés de me serrer la
main car ils ne savaient pas le faire. J'étais un grand chef, mais pas
sur un trône car là-bas, le Chef est responsable et révocable. J'étais
donc responsable et coupable devant eux quand quelque chose n'allait
pas et ils savaient le faire comprendre.
J'évoque donc quelques
inévitables conflits des deux bords, sans omettre les menaces proférées
par quelques calédoniens que je voulais faire travailler correctement
(ils me préparaient parfois des coups bas que je devais déjouer). Le
fait que j'étais le premier "métro" à être nommé au service
des Télécommunications de l'office des Postes, sans aucune culture d'outre-mer,
ni aucune préparation selon le bon modèle français, ne m'avantageait
pas car dans ma profession, en plus des travaux sur le terrain venaient
s'imbriquer de multiples implications et influences diverses. Les attaques
contre les "métros" fonctionnaires, dont les enseignants qui étaient
particulièrement visés, étaient monnaie
courante dans les journaux et les services ; je passe les vacheries sous
silence, y compris l'alliance opportuniste
caldoche-kanak quand le moment était propice pour les remonter, dès
lors que je tentais d'obtenir un résultat raisonnablement productif et
qualitatif, des deux parties, ne serait-ce qu'en tentant d'approcher ce
qui se faisait dans le privé.
Il est question de ces alliances dans le dossier de Dijou, kanak
incarcéré pendant les évènement, car bien que les premiers aient été
"les colons" des autres - avec à l'occasion l'injustice qui s'y
attache, ou les mots gentils et paternels du genre "tu pues la
roussette" - Calédoniens et kanaks peuvent trouver un intérêt commun à
s'allier provisoirement contre la France.
Voir
Guy Dijou |
C'est toujours d'actualité. J'en cite dans
"c'est la vie" (lien en bas). Pour moi c'était "si vous continuez comme ça,
j'en parle à mon ami de l'Assemblée Territoriale et vous n'allez pas rester
longtemps". De retour en 1999, en allant rendre visite aimablement en
retraité et collègue, laissant ma qualité d'ancien "chef" derrière, pour
faire revivre quelques souvenirs, j'ai très fortement ressenti la même
aversion viscérale dans deux cas les plus tipés de l'époque, vis à vis des kanaks.
Des gens évolués pourtant, capables et avec lesquels on pouvait
avancer. Je dois dire que leurs enfants étaient pire
qu'eux à l'époque, carrément provocateurs et grossiers et que ça ne s'est pas arrangé chez certains.
heureusement que beaucoup d'autres m'ont revu avec beaucoup plaisir,
sans que je puisse, faute de temps, répondre à leur invitation.
Certes, les français métropolitains
n'étaient pas exempts de travers, car il n'y a
jamais d'un côté les bons et de l'autre, les méchants : leurs certitudes et leurs idées
toutes faites, en toute inconscience des particularités locales,
pouvaient faire germer des incompréhensions graves comme celles
relatives aux
premiers ponts, emportés à
peine construits par de violentes crues, charriant d'énormes touffes de
bambous et arbres dont on ne s'était pas même inquiété ; ou encore
l'incompréhension des matériels non adaptés ou inutilisables, reçus
après six mois d'attente, sans parler des problèmes d'approvisionnement
en pièces détachées. Il faut préciser que les calédoniens avaient connu
chez eux les américains et côtoyaient Néo Zélandais et Australiens,
plus pragmatiques, possédant de meilleurs matériels techniques. J'ai
vite pris conscience de cela après en avoir été choqué, au point
d'acheter certains matériels de télécommunication en Nouvelle Zélande,
Australie, USA, Allemagne. N'en recherchons pas les causes, elles sont
multiples et semblent être attachées pour des siècles à
notre socialisation.
Toujours placé sous perfusion de
nickel,
miné par la politique comme le
sont tous nos pays d'Outre-mer, on aimerait pourtant que tout le monde
s'entende sur un partage équitable. mais c'est sans compter les
influences de tout bord et les énormes intérêts financiers. Bref, ce n'est guère réaliste.
|
|
La vie
judiciaire du caillou. En Nouvelle
Calédonie, surtout aux îles
Loyauté, il y a de fait un double
système juridique, de pratique assez
délicate, car faisant appel à la
juridiction français et à la coutume
Kanak. Bien souvent,un compromis par les
palabres, règle le litige.
Un gendarme "Pacha"
d'un groupe héliporté m'a écrit ceci;
je cite :
"Début 90, un
brave kanak , libéré du camp "ouest ou est" de NMA, je ne me souviens
plus du nom, devait rejoindre son île d'Ouvéa. Il avait été impliqué dans un
meurtre. Nous avons atterri à Ouvéa , entourés d'engins blindés de la
gendarmerie....ballade jusqu'à la tribu, sans jets de pierres".
|
Ces confidences se situant dans les années 90,
la tension signalée provient ici tout particulèrement des morts de la grotte d'Ouvéa :
Je cite:
"Pour mémoire: les
rares femmes de la brigade de gendarmes d'Ouvéa étaient accompagnées par des
gendarmes en armes lorsqu'elles allaient se baigner"
"Le cannabis pousse à
Ouvéa mais les gendarmes ferment les yeux" ; pas
seulement à Ouvéa.
Les règles de la République n'ont pas cours dans les tribus. |
Colonialisme
Tous les
kanaks ne sont pas indépendantistes et beaucoup ont
souffert des "contraintes" exercées par les
"libérateurs", jusqu'à fuir leur
village.
Les libérateurs d'aujourd'hui, qui
s'appuient exclusivement sur la violence pour parvenir
à leurs fins, sont souvent les dictateurs de demain
(comme ce fut le cas pour l'Algérie, pourrait le
devenir pour la Corse, le Pays Basque, la Bretagne ou d'autres).
Les
métros voient le "colonialisme de Nouvelle
Calédonie" avec les images d'un certain passé africain ou indonésien : esclavage, travail forcé, exploitation
à outrance :
c'est oublier que les kanaks sont soumis à
l'organisation tribale et qu'ils travaillent avant tout pour la tribu,
y revenant après avoir gagné assez d'argent ; le rendement leur est totalement
étranger de même que l'assiduité ;
expérience personnelle
: c'est un comportement bien connu, qui était couramment
pratiqué dans les équipes de mon service. Et ils s'arrêtent de
travailler quand ils en ont assez. Aujourd'hui, deux fédérations
syndicales kanak déclanchent grèves sur grèves.
J'ai pu constater à nouveau que le travail dur est souvent assuré par
des blancs, des wallisiens ou des asiatiques. En usine, dans les
mines, je ne sais pas.
C'est oublier également que bien des colons,
ex-bagnards affranchis se sont mariés avec des femmes kanak, ont
travaillé durement dans l'inconfort de l'époque avec leurs équipes
kanakes, rarement comme on l'imagine au travers de films sur l'Afrique
ou l'Amérique du sud, avec de riches et luxueuses propriétés d'où l'on
menait durement "les esclaves" à coups de fouets et de balles de fusil.
Les images d' hibiscustour vous montrent des
kanaks heureux, installés à l'ombre des
plages, de la place des cocotiers, à la baie de
Magenta. Ce ne sont pas là des images d'esclavage,
tel qu'on le décrit ou dépeint parfois.
Pas davantage des
images de propagande comme on a pu en produire dans le passé.
Reste
qu'en qualité d'envahisseurs, on leur a bien pris
leurs terres, par la violence lorsque c'était nécessaire, leur
attribuant "des réserves" et nommant certains grands chefs.
On se garde bien d'évoquer les anglais, premiers envahisseurs,
installés dans le nord et îles, que nous leur avons laissées; les
anglais qui leur ont imposé la robe mission, les ont évangélisé etc..
(on connaît les anglais et leurs colonies, la seule différence positive
par rapport à nous et qu'ils s'y installaient confortablement, en
exploitaient toutes les richesses, et réprimaient bien plus violemment.
Je n'évoquerais pas non plus d'autres éventuels habitants, que les
kanakes auraient alors chassés, et dont on aurait retrouvé des
supposées traces (restes de constructions non kanakes repérées d'avion).
Ce serait mesquin et déplacé. Mais c'est la - triste - histoire de
l'homme qui à notre époque de démocratie et de richesses, peut demander
une partielle réparation. C'est bien comme ça et juste ; si l'autre
partie n'en abuse pas.
On ne
peut passer sous silence le fait que le gouvernement français ait
encouragé l'installation des colons pour affirmer l'occupation ;
les volontaires ou les affranchis du bagne recevaient des terres gratuites
afin de les exploiter. Des terres que les kanaks parcourraient assez peu
étant donné leur faible densité, mais est-ce une raison ? ce n'est toutefois
pas comparable au sort des indiens, exterminés puis expulsés bien au-delà de
leurs territoires. Pas davantage qu'au sort réservé aux indigènes de
Tasmanie
par les anglais, ni même qu'à ceux de Namibie par les allemands. |
On ne peut nier que la colonisation s'est accompagnée de
pratiques totalitaires et
méprisantes. Une des
bonnes paroles que l'on pouvait entendre dire par certains colons en
1966/1970, s'adressant à une kanak était "tu pues la roussette" ; les remarques ou plaisanteries douteuses
fusaient facilement, mais pas partout;
la brousse était sans doute
très différente de la ville, ne serait-ce que par l'inversion de la
population majoritaire.
Il est quasi certain qu'on faisait moins de cas pour un accidenté kanak que
pour un blanc. Toutefois, les dispensaires recevaient et soignaient tout le
monde. C'est l'un des apects points positifs de la colonisation française.
Enfin je citerai ce que j'ai
connu, le contrôle du
revenu du travail.
Je m'explique : pour les kanaks qui vendaient leurs productions (surtout le
café à l'époque car ils n'en font pratiquement plus maintenant),
Un grand Etablissement comme Ballande,
maison originaire de Bordeaux, grand magasin (comptoir) qui vendait de
tout et contrôlait aussi un peu le pays, achetait la production
des kanaks mais versait le
montant de la "transaction" sur un compte bloqué de l'Etablissement !!
le bénéficiaire ne recevait pas d'argent, mais "un droit à tirage lui
était ouvert" auprès de
son acheteur qui lui vendait l'essentiel !! la
boucle était bouclée. Cela nous paraît sinistre et en
qualité de nouvel arrivant, j'avais été très choqué.
Mais il y avait un bienfait à la chose. On disait
"qu'ils allaient "se chooter" à mort avec", ce qui
n'était pas faux dans bien des cas.
Hélas, c'est encore pire de nos jours ;
l'alcool et la drogue y font des ravages car ces populations
fragiles ont perdu leurs repères, comme tant d'êtres
qui, après avoir quitté leur civilisation, ne peuvent cependant pas
entrer dans la nouvelle. Certains ont su prendre le chemin
"du progrès" et de la réussite, d'autre errent en clodos et se
saoulent à longueur de journée, et surtout la
nuit.
Autre expérience personnelle.
Notre femme de ménage
kanak, qui ne faisait que quelques heures par semaine, venait selon son gré,
nous lâchant comme par hasard aux moments les plus délicats (réunions
d'amis). En arrivant, je la trouvai parfois assise sur un bout de pelouse du
rez-de-chaussée de l'immeuble, bavardant avec un ami qui venait d'on ne sait
où. Cela ne la décidait aucunement à monter dans notre appartement pour y
travailler alors qu"elle était payée (au prix normal de l'époque, assez peu
mais correctement). Je devais lui rappeler qu'elle travaillait chez nous.
Il y a eu une nouvelle redistribution des terres, ce
que personne ne conteste véritablement car cela semble juste en
général, sauf lorsque la propriété antérieure revendiquée n'est pas
purement imaginaire.
Dans ce mouvement de reprise de possession, des villages ou des
propriétés ont été brûlés et d'anciens "libérateurs" se plaignent
maintenant de leur isolement car aucun blanc (*) ne veut plus revenir
pour rétablir le commerce et une certaine prospérité.
Le plus cocasse a été
la persécution de tous les services publics et même des dispensaires !!
lorsqu'ils se sont aperçus qu'il n'y avait plus d'école ni personne
pour les soigner, ils ont tout de même révisé leur point de vue
(*) particulièrement
vrai dans la vallée de Hienghène, fief des chefs rebelles (tribu de
Tiendanite) ; mais on est aussi extrémiste dans les îles où un chef
vient de déclarer qu'il faut en finir avec le colonialisme (??) : en
fait ils réclament de tout, même des ordinateurs, mais toujours
gratuitement ; car ils veulent le progrès ; je me souviens toujours de
cette table en formica et de la télévision dans une bien modeste case.
|
ÂMES CANAQUES.
Point de vue d'un
kanak
"Les canaques, eux, travaillent à la
saison des ignames avec leurs femmes et puis ils se promènent, chassent,
pêchent, dorment. Est-ce que l'activité des Blancs les empêche de mourir".
Un autre kanak : "Pourquoi
les blancs travaillent-ils ? Pourquoi sont-ils toujours
pressés ? Pourquoi prennent-t-ils tant de peine pour
extraire de la montagne des pierres et de la terre qu'ils
mettent dans des bateaux ? Pourquoi tant d'effort, de soucis
? Quand on peut manger, s'abriter et faire l'amour, pourquoi
chercher autre chose" ?ÂMES
BLANCHES.
hibiscustour :
c'est la sagesse même, une belle philosophie que l'on serait
tenté de partager ; à condition de se passer de tous ces biens, tous ces
objets qui nous entourent - et il vrai, nous submergent - ces
voitures, ces machines, ces habits, cette nourriture si variée sûre et
extravagante, et tout ce que nous ne remarquons même plus.
Et cependant.. Pourquoi les kanaks
connaissaient-t-ils la famine avant les blancs? Pourquoi faisaient-t-ils
(aussi) la guerre ? Pourquoi sont-t-ils obligés de reconstruire des cases
qui ne durent pas longtemps ? Pourquoi revendiquent-t-ils les terres mises
en valeur ? Pourquoi veulent -t-ils les mêmes biens matériels que ceux des
blancs ? Pourquoi ? croit-ils que l'on
puisse avoir tout ça sans notre peine au travail, nos obligations, nos
contraintes et cette agitation ? |
|
La grotte
d'Ouvéa
(au nord de l'île). Suite
à de violents incidents, 4 gendarmes sont abattus par
un commando kanak et un groupe d'autres gendarmes sont
emprisonnés dans une grotte à Ouvéa
(deux autres y mourront).
On dit qu'un piège a été tendu pour
raisons politiques du plus haut niveau. Une sale affaire politique.
suite dans NCaldoc
(extrait de la revue "GEO").
Photo du mémorial
|
Les
évènements des années 80. Le point de vue d'un kanak activiste,
Guy
Dijou.
Guy Dijou, kanak activiste incarcéré,
conteste et réfute tout. Il relate une période
très éprouvante dont l'issue a sans doute
permis d'établir, dans toute la Nouvelle Calédonie,
un meilleur équilibre social. Ce que rapporte M. Dijou,
sans concession ni regret, parfois
avec grossièreté, ne peut laisser indifférent. Sa
pugnacité et son insistance - voire ses répétitions - ou sa vision
partiale même des choses, ne doivent pas cacher la
faculté qu'il a de pouvoir traduire les faits en une
synthèse précise et détaillée, au terme d'un énorme travail de
219 pages .. qui suscite bien des
interrogations.
Il y fustige les services de la République Française et
en dénonce les carences et anomalies selon lui constatées – documents perdus,
dates faussées, dénonciations, influence, complots. il
s´interroge pour des fusils dont la culasse a été
enlevée, ou sur un trafic d'armes - mais pour qui donc ?
Il évoque les manipulations qui auraient visé à
faire s'opposer les différents mouvements kanaks, ou les kanaks
et les calédoniens et peut tout aussi bien respecter un militaire qu'il trouve
honnête. Au-delà de sa propre condition au sein de la dominance française
"qui ne respecte pas ses propres lois", il s'exprime sur le pénitencier ou
s'adresse au président de la République Française. Il vogue parallèlement sur
une multitude d'autres sujets, évoquant au passage un peu
de tout, des faits politiques (le Rainbow Warrior,
l'Algérie, la Palestine, le terrorisme international, les irlandais de
Vincennes, le Rwanda, la Corse..), et traverse la
science, la religion, la philosophie ou la spiritualité jusqu'au mysticisme,
dénonce la corruption des marchés, le contrôle de l'information ou la
prééminence des francs-maçons, etc. Ses
détours ne lui font jamais perdre son fil conducteur, qui le ramène
toujours vers la France, ses
interventions militaires et toutes ses "saloperies". Le tout avec
quelques flèches à l'humour grinçant.
Pour lire quelques passages et
avoir une meilleure idée de ce dossier un peu.. sulfureux, voir NCaldoc
Il y a eu de grands changements depuis mon premier
séjour (1967-70); les kanaks, hommes et femmes, peuvent avoir de véritables emplois.
Il faut dire que tous les emplois courants non spécialisés vont de droit aux
locaux, c'est à dire de plus en plus aux kanaks. Les femmes vous parlent sans
gêne dans la rue et les magasins et se sentent libres de bavarder.
C'est infiniment plus agréable. En plus de l'émancipation, l'instruction, et surtout la connaissance
du français, y sont sans doute pour quelque chose. Ceux que j'ai
connus avaient la tribu comme milieu social, avec son Chef, ne parlaient guère
le français, ne serraient pas la main et affichaient une certaine gêne sinon
soumission apparente. Ce n'était qu'une attitude et ils savaient exprimer, à
leur manière, leur mécontentement. Les plus instruits, plus jeunes étaient
naturellement contestataires. L'aversion non dissimulées des calédoniens
(blancs) envers les métropolitains étaient bien plus forte et l'est toujours.
Il peut paraître étrange, vu de la France, d'entendre parler ainsi, mais le passé est toujours
vivace et je dis simplement ce que j'ai vécu, ce que je ressens actuellement
et ce qui subsiste. Nous ne sommes pas kanaks, Ils ne sont pas européens.
Ils veulent ce que nous avons, sans trop d'inconvénients il est vrai, nous
apprécions maintenant ce qu'ils ont protégé, et qui est si rare, la nature. Mais
après les réserves kanakes, ne voit-on pas se profiler, dans les meilleurs
sites, les réserves pour riches ..
Polynésie
| POLYNESIE
Revue Geo, janvier 2003. Je cite : "La société
Polynésienne, hiérarchisée et
bardée de tabous fascine et intrigue, avec ses
rituels, ses sacrifices humains, ses pêches
communautaires où l’on bat la mer avec des pierres
pour chasser le poisson vers les nasses, ses guerres
tribales, féroces, ses percussions envoûtantes,
ses danses sacrées et ses banquets."
Les Fidji
étaient réputées pour le cannibalisme
exacerbé de ses habitants, qui dévoraient
ennemis et étrangers ; en 1867, le
révérend Thomas Baker, désireux
d’apporter la bonne parole aux indigènes, fut
capturé, tué, cuit et découpé en
morceaux distribués dans plusieurs villages !
Des Indiens
y furent importés par les Anglais en 1879 pour
assurer les travaux dans les plantations de canne à
sucre, comme ce qui a été fait par la France
pour les Chinois à Tahiti. Commerçants,
entrepreneurs, les Indiens arrivés à
près de la moitié de la population, ont
posé problème et en 1987, un coup
d’état mené par les Fidjiens (majoritaires
dans l’armée) a renversé le
gouvernement".
Les Polynésiens vivent avec un
certain nombre de dieux principaux et de dieux secondaires
qui sont eux, créés selon les besoins.
La tribu, le clan, ont
existé dans toute l'Océanie, en Papousie
Nouvelle Guinée, Mélanésie ou
Polynésie ; toutefois, ni l'évolution de la
société, ni l'histoire ne sont comparables
dans chacune de ces régions et si les appartenances
à des "familles" ou "clans" existe toujours en
Polynésie, "la tribu-et-son-chef-sur-son-territoire"
n'y a semble-t-il pas ou plus cours, comme c'est le cas en
Nouvelle Calédonie).
Mais je me garderai bien de m'aventurer sur un terrain qui
ne m'est pas du tout familier, ce que je regrette
profondément, tant la société
Polynésienne est riche et captivante. En savoir un
peu
plus . |
La race polynésienne est très mêlée de sang de diverses
origines de par l'attrait que ces
îles ont suscité.
voir aussi,
polynésie en complément, une partie y étant déjà traitée, ainsi que
Océanie.
Dans la mythologie Maohi, les îles de Polynésie
seraient dues à la pêche miraculeuse du dieu Maui qui sortit ces gros
poissons de l'eau. Car la Polynésie formait alors un banc de poissons
au fond de la mer. Le dieu Maui lança sa ligne et se mit à chanter
pour donner du pouvoir à son hameçon. Il pêcha ainsi de nombreuses îles et
quand le grand poisson Tahiti vint à la surface, ses frères s'éveillèrent et
crièrent "Ô Maui ! Ô Maui ! ce n'est pas un poisson, c'est une île !".
L'oiseau-hameçon. Voici un court extrait de la légende
de Koomahu que je trouve très originale: "Koomahu part
à la pêche aux bonites et revient avec une
pirogue tellement chargée qu'il dit à sa
soeur, Tahia : va distribuer ce poisson aux gens de la
vallée. Tahia prend les poissons et, de cases en
cases, distribue les bonites. Sur le sentier, Tahia
découvre un bel oiseau blanc qui vole autour d'elle.
Elle ne le connait pas et voudrait bien l'attraper.
L'oiseau vient du ciel car il est l'hameçon du vieux
Tapauifenua qui chaque jour envoie sur terre
l'oiseau-hameçon pour aller chercher sa nourriture.
Tahia contemple l'oiseau et elle ne sait pas, alors elle
essaie de le saisir ; l'hameçon s'accroche et
l'emporte vers l'Havaiki.
Le sang de Tahia a jailli jusqu'à la poitrine de son
frère, et Koomahu s'écrie : "Ma soeur a
été emportée dans le ciel". Koomahu dit
: "je veux que ma soeur devienne très maigre pour que
le vieillard ne la mange pas" et à l'instant, Tahia
devient un véritable squelette".
La suite de l'histoire : Le
vieux Tapauifenua, qui est aveugle, essaie d'engraisser
Tahia mais après de multiples
péripéties dans lesquelles interviennent
d'autre vieilles, Koomahu finit par faire redescendre sa
soeur sur la plage, avec une vieille qui tombe à
l'eau, est avalée et rejetée par les poissons
et qu'ils tuent finalement pour essayer un casse-tête
! Il y a beaucoup de vieux et vieilles dans les
légendes, de cannibalisme et de crânes
fracassés. Voilà l'histoire de
l'oiseau-hameçon.
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Population
(Nouv Cal) - Fêtes,
dansesLe
tiki village
(spectacle de danses tahitiennes)
Tribus
(Nouv Cal) -
sommaire
hibis
Iles
et lagons
ci-dessous 
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