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Colonialisme
Tous les kanaks ne sont pas indépendantistes et beaucoup ont souffert des "contraintes" exercées par les "libérateurs", jusqu'à fuir leur village.
Les libérateurs d'aujourd'hui, qui s'appuient exclusivement sur la violence pour parvenir à leurs fins, sont souvent les dictateurs de demain. (comme ce fut le cas pour l'Algérie, toujours dirigée par le FLN, pourrait le devenir pour la Corse, le Pays Basque, la Bretagne ou d'autres).

Les métros voient le "colonialisme de Nouvelle Calédonie" avec les images d'un certain passé africain ou indonésien : esclavage, travail forcé, exploitation à outrance : c'est oublier que les kanaks sont soumis à l'organisation tribale et qu'ils travaillent avant tout pour la tribu, y revenant après avoir gagné assez d'argent Le rendement leur est totalement étranger de même que l'assiduité.

Expérience personnelle: C'est un comportement bien connu, qui était couramment pratiqué  dans les équipes de mon service. Et ils s'arrêtent de travailler quand ils en ont assez. 
Aujourd'hui, deux fédérations syndicales kanak déclanchent grèves sur grèves. J'ai pu constater à nouveau que le travail dur est souvent assuré par des blancs, des wallisiens ou des asiatiques. En usine, dans les mines, je ne sais pas. C'est peut-être aussi une attitude vis à vis de l'envahisseur, dans la mesure où ils sont bien moins contraints qu'ils ont pu l'être.
On ne doit savoir aussi que bien des colons, ex-bagnards affranchis  se sont mariés avec des femmes kanak, ont travaillé durement dans l'inconfort de l'époque avec leurs équipes kanaks, rarement comme on l'imagine au travers de films sur l'Afrique ou l'Amérique du sud, avec de riches et luxueuses propriétés d'où l'on menait durement "les esclaves" à coups de fouets et de balles de fusil.

Les images d'hibiscustour vous montrent des kanaks heureux, installés à l'ombre des plages, de la place des cocotiers, à la baie de Magenta. Ce ne sont pas là des images d'esclavage. Pour autant, ils ne sont plus maîtres de leur pays, et comme je l'ai dit, beaucoup ne tiennent plus à se retrouver en tribu. Ou seulement "en touriste", pour le souvenir et l'image de la mémoire, conservée au plus profond de chaque être. Ces images ne sont aucunement detinées à biaiser quoi que ce soit. Ce sont les miennes au naturel et cela se voit. J'aborde tous les sujets et les points de vue sans retenue, comprenne qui voudra, tout est ouvert.

En conclusion, la société multi-ethnique kanak historique européanisée, calédonnienne, un soupçon asiatique mais propriétaire de tout, et française risque bien de perdurer, avec les mêmes tensions. Si chacun y trouve un intérêt.

Reste qu'en qualité d'envahisseurs, on leur a bien pris leurs terres, par la violence lorsque c'était nécessaire, leur attribuant "des réserves" et nommant certains grands chefs. On se garde bien d'évoquer les anglais, premiers envahisseurs, installés dans le nord et îles, que nous leur avons laissées; les anglais qui leur ont imposé la robe mission, les ont évangélisé etc.. (on connaît les anglais et leurs colonies, la seule différence positive par rapport à nous et qu'ils s'y installaient confortablement, en exploitaient toutes les richesses, et réprimaient bien plus violemment. Je n'évoquerais pas non plus d'autres éventuels habitants, que les kanakes auraient alors chassés, et dont on aurait retrouvé des supposées traces (restes de constructions non kanakes repérées d'avion). Ce serait mesquin et déplacé. Mais c'est la - triste - histoire de l'homme qui à notre époque de démocratie et de richesses, peut demander une partielle réparation. C'est bien comme ça et juste ; si l'autre partie n'en abuse pas.

On ne peut passer sous silence le fait que le gouvernement français ait encouragé l'installation des colons pour affirmer l'occupation ; les volontaires ou les affranchis du bagne recevaient des terres gratuites afin de les exploiter. Des terres que les kanaks parcourraient assez peu étant donné leur faible densité, mais est-ce une raison ? ce n'est toutefois pas comparable au sort des indiens, exterminés puis expulsés bien au-delà de leurs territoires. Pas davantage qu'au sort réservé aux indigènes de Tasmanie par les anglais, ni même qu'à ceux de Namibie par les allemands.

Toute colonisation s'impose par des pratiques totalitaires et méprisantes. Une des bonnes paroles que l'on pouvait entendre dire par certains colons en 1966/1970, s'adressant à une kanak était "tu pues la roussette" ; les remarques ou plaisanteries douteuses fusaient facilement, mais pas partout; la brousse était sans doute très différente de la ville, ne serait-ce que par l'inversion de la population majoritaire. Il est certain qu'on faisait moins de cas pour un accidenté kanak que pour un blanc. Toutefois, les dispensaires recevaient et soignaient tout le monde. C'est l'un des apects points positifs de la colonisation française.

Enfin je citerai ce que j'ai connu, le contrôle du revenu du travail.
Voici comment : pour les kanaks qui vendaient leurs productions (surtout le café à l'époque car ils n'en font pratiquement plus maintenant), Un grand Etablissement comme Ballande, maison originaire de Bordeaux, grand magasin (comptoir) qui vendait de tout et contrôlait aussi un peu le pays, achetait la production des kanaks mais versait le montant de la "transaction" sur un compte bloqué de l'Etablissement !!  le bénéficiaire ne recevait pas d'argent, mais "un droit à tirage lui était ouvert" auprès de son acheteur qui lui vendait l'essentiel..   En qualité de nouvel arrivant, j'avais été très choqué. Mais il y avait un bienfait à la chose. On disait "qu'ils allaient "se chooter" à mort avec", ce qui n'était pas faux dans bien des cas.
Hélas, c'est encore pire de nos jours ; l'alcool et la drogue y font des ravages car ces populations fragiles ont perdu leurs repères, comme tant d'êtres qui, après avoir quitté leur civilisation, ne peuvent cependant pas entrer dans la nouvelle. Certains ont su prendre le chemin "du progrès" et de  la réussite, d'autre errent en clodos et se saoulent à longueur de journée, et surtout la nuit.

Expérience personnelle. Notre femme de ménage kanak (oui, ça commence comme ça dans ces pays, à un certain niveau), qui ne faisait que quelques heures par semaine, venait selon son gré, nous lâchant comme par hasard aux moments les plus délicats (réunions d'amis). En arrivant, je la trouvais parfois assise sur un bout de pelouse du rez-de-chaussée de l'immeuble, bavardant avec un ami qui venait d'on ne sait où. Cela ne la décidait aucunement à monter dans notre appartement pour y travailler alors qu"elle était payée (au prix normal de l'époque. Je devais lui rappeler qu'elle travaillait chez nous. Fin du récit.


Il y a eu une nouvelle redistribution des terres, ce que personne ne conteste véritablement car cela ne semble que justice, sauf les propriétaires dépossédés de terres qui leur avaient été données aux fins d'exploitation, ou lorsque la propriété antérieure revendiquée était purement imaginaire.

Dans ce mouvement de reprise de possession, des villages et des propriétés ont été brûlés et des kanaks se plaignent maintenant de leur isolement car aucun blanc (*) ne veut plus revenir pour rétablir le commerce et une certaine prospérité.

Le plus cocasse, si l'on peut dire, a été la persécution de tous les services publics et même des dispensaires !! lorsqu'ils se sont aperçus qu'il n'y avait plus d'école ni personne pour les soigner, ils ont tout de même révisé leur point de vue.

(*) C'est particulièrement vrai dans la vallée de Hienghène, fief des chefs rebelles (tribu de Tiendanite) ; mais on est aussi extrémiste dans les îles où un chef vient de déclarer qu'il faut en finir avec le colonialisme (??) : en fait ils réclament de tout, même des ordinateurs, mais toujours gratuitement ; car ils veulent le progrès ; je me souviens toujours de cette table en formica et de la télévision dans une bien modeste case.




L'EVENEMENT.

La grotte d'Ouvéa
(au nord de l'île). Suite à de violents incidents, 4 gendarmes sont abattus par un commando kanak et un groupe d'autres gendarmes sont emprisonnés dans une grotte à Ouvéa (deux autres y mourront). On dit qu'un piège a été tendu pour raisons politiques du plus haut niveau (Président de la République). Une sale affaire politique. suite dans NCaldoc (extrait de la revue "GEO").  Photo du mémorial




Les évènements des années 80. Le point de vue d'un calédonien activiste, Guy Dijou.

Guy Dijou, activiste blanc incarcéré, conteste et réfute tout. Il relate une période très éprouvante dont l'issue a sans doute permis d'établir, dans toute la Nouvelle Calédonie, un meilleur équilibre social. Ce que rapporte M. Dijou, sans concession ni regret, parfois avec grossièreté, ne peut laisser indifférent. Sa pugnacité et son insistance - voire ses répétitions - ou sa vision partiale même des choses, ne doivent pas cacher la faculté qu'il a de pouvoir traduire les faits en une synthèse précise et détaillée, au terme d'un énorme travail de 219 pages .. qui suscite bien des interrogations.

Il y fustige les services de la République Française et en dénonce les carences et anomalies selon lui constatées – documents perdus, dates faussées, dénonciations, influence, complots. il s´interroge pour des fusils dont la culasse a été enlevée, ou sur un trafic d'armes - mais pour qui donc ?  Il évoque les manipulations qui auraient visé à faire s'opposer les différents mouvements kanaks, ou les kanaks et les calédoniens et peut tout aussi bien respecter un militaire qu'il trouve honnête. Au-delà de sa propre condition au sein de la dominance française "qui ne respecte pas ses propres lois", il s'exprime sur le pénitencier ou s'adresse au président de la République Française. Il vogue parallèlement sur une multitude d'autres sujets, évoquant au passage un peu de tout, des faits politiques (le Rainbow Warrior, l'Algérie, la Palestine, le terrorisme international, les irlandais de Vincennes, le Rwanda, la Corse..), et traverse la science, la religion, la philosophie ou la spiritualité jusqu'au mysticisme, dénonce la corruption des marchés, le contrôle de l'information ou la prééminence des francs-maçons, etc. Ses détours ne lui font jamais perdre son fil conducteur, qui le ramène toujours vers la France, ses interventions militaires et toutes ses "saloperies". Le tout avec quelques flèches à l'humour grinçant.



 Pour lire quelques autres passages de ce dossier un peu.. sulfureux, voir NCaldoc

 


D'importants changements sont intervenus depuis mon premier séjour (1967-70);  Les kanaks, hommes et femmes, peuvent avoir de véritables emplois. Il faut dire que tous les emplois courants non spécialisés vont de droit aux locaux, c'est à dire de plus en plus aux kanaks. Même les femmes vous parlent sans gêne dans la rue et les magasins et se sentent libres de bavarder. C'est infiniment plus agréable. En plus de l'émancipation, l'instruction, et surtout la connaissance du français, y sont sans doute pour quelque chose. Ceux que j'ai connus avaient la tribu pour milieu social, avec son Chef, ne parlaient guère le français, ne serraient pas la main et affichaient une certaine gêne sinon une soumission apparente. Ce n'était qu'une attitude et ils savaient exprimer, à leur manière, leur mécontentement. Les plus instruits, plus jeunes étaient naturellement contestataires. L'aversion non dissimulée de certains calédoniens (blancs) envers les métropolitains paraît toujours aussi forte.
Il peut paraître étrange, vu de la France, d'entendre parler ainsi, mais le passé est toujours vivace et je dis simplement ce que j'ai vécu, ce que je ressens actuellement et ce qui subsiste. Nous ne sommes pas kanaks, Ils ne sont pas européens. Ils veulent ce que nous avons, sans trop d'inconvénients il est vrai, mais nous apprécions maintenant ce qu'ils ont protégé, et qui est si rare, la nature.

Mais que feront leurs enfants, devant les offres mirobolantes des promoteurs en tout genre
Probablement ce qu'ils nous ont reproché, en bradant leurs terres en toute bonne conscience. C'est la vie.


Langages, musée, geologie



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